Banques
'Graves lacunes' du contrôle interne pour l'Ecureuil ?
Dans le courant du mois d’octobre, Le Nouvel Observateur avait publié un article citant un rapport préliminaire de l’enquête de l'inspection interne des Caisses d'épargne, auquel aurait eu accès le journal, à propos de la perte de trading de 750 millions d’euros de la banque sur les mois de septembre et d’octobre. Ce jeudi, c’est au Monde de citer un rapport de la Commission bancaire auquel il aurait eu accès qui évoquerait de ‘graves lacunes’ dans le système de contrôle interne de la banque.
Selon ce rapport, cité par Le Monde, ‘le dispositif de contrôle interne [de la banque] destiné à suivre cette activité présente de graves lacunes’. ‘Aucun calcul indépendant du résultat quotidien n'est effectué. Le dispositif de limites est insuffisant et s'appuie sur des résultats biaisés’, indiquerait le rapport.
Le Nouvel Observateur, en octobre dernier, expliquait que le rapport interne mentionnait un 'nombre important de défaillances du contrôle interne'. De plus, Christine Lagarde, la ministre de l’Economie, avait alors annoncé qu’un rapport d'étape réalisé sur ces pertes par la Commission bancaire avait fait apparaître ‘de grave lacunes dans le système de contrôle’ de la banque.
Cette affaire avait conduit les deux dirigeants de la Caisse d’Epargne, Charles Milhaud et Nicolas Mérindol, à remettre leur démission le 19 octobre dernier.
Selon Le Monde, ‘comme dans l'affaire Kerviel, le rapport de la Commission bancaire accable la hiérarchie de la banque’. Le quotidien cite le rapport auquel il aurait eu accès : ‘Ordre avait été donné à la fin juin de fermer l'activité et de gérer ce portefeuille en extinction, pour préserver le résultat acquis. Le trader a clairement outrepassé cet ordre à partir de la mi-septembre. Un contrôle interne adéquat aurait permis de s'en rendre compte immédiatement, et donc d'éviter les pertes’.
Le trader en question a été mis en examen pour ‘abus de confiance’, rapport le journal. Selon Le Monde, le trader aurait reçu 68 000 euros de bonus en 2007 et 2008.
Pour sa part, selon Le Monde, le trader incriminé aurait déclaré : ‘Je pense que la CNCE (Caisse nationale des caisses d'épargne) est de mauvaise foi (...)’. ‘Comme la CNCE a perdu de l'argent, c'est une manière de dire au grand public que chez eux, tout va bien, que les pertes sont dues à un trader fou’, aurait-il ajouté.
Concernant les limites évoquées dans le rapport de la Commission bancaire, selon Le Monde, le trader aurait répondu : ‘Je n'ai signé aucune limite, à ma connaissance il n'y en avait pas (...) seule une limite calculée sur les risques.’
Pour l’instant, ni la Commission bancaire ni la Caisse d’Epargne n’ont souhaité commenter ces hypothèses.
C.L.
Publié le 13 novembre 2008
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